Fête rando CCBA 31 mai 2026 Rigaudel-Nogier-Vals
La fête annuelle de la rando, organisée par la Communauté de communes CCBA, s'est tenue cette année le 31 mai 2026 à Vals. Randamont a joué le jeu des randos convergentes en alignant 21 marcheurs au départ du Rigaudel, pour un parcours avec certains passages "athlétiques" dans la montagne du Nogier (voir photos). Pour donner du courage aux marcheurs avant d'attaquer la grimpette, Randamont a offert thé/café/croissants sur le magnifique vieux pont de pierre du Rigaudel, surplombant la Volane. Un moment bien agréable. Notre géologue préféré Alain Gadalia a agrémenté de ses explications passionnantes, la redescente par le Pont de Bridou jusqu'à Vals: les verrous de vallées, les failles géologiques, les jaillissements de sources gazeuses n'ont plus de secret pour nous.
Après un repas Thaï bien arrosé, par les fortes pluies orageuses, une visite guidée du magnifique château Clément a clôturé cette belle journée (voir photos).
A bientôt pour de nouvelles aventures
Christian
La chanson du vieux faitout (de Nathalie Buffard)
Dans un coin de cuisine, un vieux faitout d’inox porte sur ses flancs ternis les empreintes du temps. Des taches comme des cartes, des cicatrices douces, dessinent les chemins de milliers d’instants.
Ce matin encore, fidèle au rendez-vous, il chauffait l’eau du café avant le grand départ, quand la fête de la randonnée appelait les marcheurs vers les sentiers, les bois, les pierres et les regards.
Alors quelqu’un a souri :
— « Elle en a des histoires à raconter. »
Et soudain, le faitout s’est mis à grandir, comme si ses parois retenaient tout un monde.
Il a vu des aubes fraîches et des retours tardifs. Des cartes dépliées sur des tables bancales. Des projets de sommets, des chemins incertains. Des éclats de rire plus durables que les étoiles.
Il a eu des flammes au derrière.
Des feux de bois, des réchauds, des braises impatientes.
Il a noirci parfois, bouilli souvent, sans jamais perdre son courage ni sa vaillance.
Mais surtout, qu’a-t-il entendu ?
Les secrets murmurés autour des repas partagés.
Les confidences qui montent avec la vapeur. Les silences des jours difficiles. Les amitiés qui se forgent comme les roches sous la pression des heures.
Il a écouté parler Alain, guide des chemins et des pierres, géologue érudit lisant dans les falaises, les pages anciennes de la Terre.
Et c’est encore lui qui aujourd’hui y fait cuire sa soupe, comme on prolonge une histoire qu’on aime.
Peut-être que raconter ne lui suffirait pas.
Peut-être que lorsque la soupe frémit, lorsque l’eau chante avant l’ébullition, ce n’est pas seulement le métal qui résonne, mais toutes les mémoires qu’il transporte. Car les vieux faitouts ne parlent pas avec des mots. Ils chantent…
Ils chantent les matins de départ, les chemins parcourus, les haltes sous les arbres, les générations de marcheurs passées puis revenues,
Les mains qui les ont portés, lavés, oubliés puis retrouvés.
Et lorsque viendra encore une autre randonnée, sous un ciel de juin ou d’automne, le vieux faitout d’inox sera là, discrètement avec ses taches, ses bosses, sa dignité tranquille.
Et ceux qui sauront écouter entendront peut-être, dans le léger frémissement de l’eau qui chauffe, une chanson ancienne racontant la vie, celle qui marche, qui partage, et qui continue.
Merci Alain d’avoir donné ce pouvoir au vieux faitout.
Nathalie Buffard-Lyaudet
31 mai 2026